Tortues marines en Méditerranée : les programmes de conservation qui fonctionnent
En juillet 2023, une tortue caouanne a pondu sur une plage de l'Hérault. Cet événement, exceptionnel il y a vingt ans, devient presque régulier grâce aux programmes de conservation menés en Méditerranée depuis les années 1990.
L'état des populations
Trois espèces de tortues marines fréquentent la Méditerranée : la caouanne, la tortue verte et la tortue luth. La caouanne est la plus commune. Ses principales zones de ponte se trouvent en Grèce, en Turquie et en Libye. La France n'est historiquement pas un site de nidification, mais le réchauffement des eaux change la donne.
Les menaces restent nombreuses. Les captures accidentelles dans les filets de pêche tuent des milliers de tortues chaque année. La pollution plastique est omniprésente. L'éclairage artificiel des plages désoriente les nouveau-nés qui se dirigent vers les lumières au lieu de la mer.
Les actions en France
Le Réseau Tortues Marines de Méditerranée Française, coordonné par le Centre d'Études et de Sauvegarde des Tortues Marines de Méditerranée, surveille les échouages et les pontes. Des bénévoles patrouillent les plages du Var et des Pyrénées-Orientales chaque été.
Quand un nid est découvert, un périmètre de protection est installé. Les œufs ne sont jamais déplacés sauf danger immédiat. L'éclosion, environ 60 jours plus tard, est surveillée à distance. Les bénévoles guident les tortillons vers la mer si nécessaire. Pour en savoir plus, consultez plages autorisées aux chiens.
Le rôle des plages
La préservation des plages naturelles est cruciale. Les plages aménagées avec transats, parasols et nettoyage mécanique ne conviennent pas à la nidification. Les sections de plage laissées sauvages, même étroites, offrent des sites potentiels.
Les plages autorisées aux chiens posent une question spécifique. Un chien qui creuse dans le sable peut détruire un nid. La solution n'est pas d'interdire les chiens mais d'informer les propriétaires et de baliser les zones de ponte identifiées.
La coexistence entre activités humaines, animaux domestiques et faune sauvage est possible quand l'information circule. Les tortues marines nous rappellent que les plages ne nous appartiennent pas exclusivement.